Puis soudain, tu te lèves avec une énergie nouvelle.
Le vent tourne. Un nouveau cycle reprend.
Les craintes persistent, mais l’envie revient.
Tu regardes derrière toi et tu te dis :
« Ouf, quelle traversée… »
Ces derniers mois, je me suis laissée traverser par la vie – comme dirait ma chère professeure de méditation.
Après une année d’agitation, suivie d’une grande tempête, tel un électrochoc que j’aurais jamais pu imaginer vivre dans ma vie professionnelle, j’ai d’abord résisté de toutes mes forces. Puis, j’ai choisi de me déposer dans un bel hiver intérieur.
C’est aussi ça, la force : accepter qu’il est temps de se reposer. Tel un arbre qui a perdu toutes ces feuilles, prêt pour l’hiver.
Un espace-temps de transition qui apporte un bien-être, un repos absolu, une délivrance, un lâcher prise, et du temps pour soi. Pour se reconnecter. Pour vivre pleinement.
J’ai voulu d’abord me cacher dans une grotte, afin qu’on ne me retrouve jamais.
J’ai songé à changer de métier.
J’ai tout remis en question.
J’ai douté de tout.
Je me suis questionnée, et je me suis autorisée à plonger dans mes profondeurs.
À travers ces réflexions profondes, je n’ai pourtant jamais cessé d’accompagner, de coacher, de faciliter des groupes, d’être aux côtés d’humains. Ce fut l’année la plus challengeante de ma carrière : accompagner des personnes en quête de sens, tout en étant moi-même en quête de sens.
C’était déstabilisant.
Suis-je encore légitime d’accompagner ?
La réponse est venue naturellement. C’est oui.
Oui, lorsque tu prends soin de toi, que tu es authentique dans ta démarche, que tu es pleinement présente avec ta cliente pendant une séance.
Ce fut une source d’apprentissages immenses.
Mes clientes de la dernière année m’ont fait sans doute cheminer autant qu’elles ont elles-même évolué. J’ai pu puiser dans mes outils, mes ressources intérieures, mais surtout dans le soutien de mes proches (et de ma coach, et de ma psy!).
Le pouvoir d’être accompagnée.
Tout au long de ce grand hiver intérieur, à la fois doux et inconfortable, j’ai gardé une vision claire : je savais qu’après l’hiver viendrait le printemps.
Il y a toujours un printemps.
Et aussi, la phrase qu’une amie m’a dite :
« La vie m’accompagne. »
Oui, la vie m’accompagne.
Ces quelques mots, je les porte dans mon cœur chaque jour.
À quoi ça sert un hiver intérieur?
À se déposer après une blessure, un choc, un deuil.
Ce n’est pas un choix, mais une nécessité.
Se reposer, prendre le temps, réfléchir, revenir à son essence, guérir, prendre soin, écrire, se libérer, plonger dans le fin fond… tout en regardant la lumière.
Tout en voyant le beau tout autour de soi.
Tout en acceptant de ne pas être dans la lumière.
Il y a un temps pour briller, pour rayonner,
et il y a un temps pour laisser pousser ses racines.
Puis viendront les petits bourgeons.
C’est de cette façon que j’ai pu traverser cette phase en toute sérénité.
Est-ce facile ? Pas du tout.
Nous vivons une époque qui valorise dans une époque où on valorise la phase de rayonnement, celle qu’on admire la réussite.
C’est confrontant d’être dans un hiver intérieur.
Cet été, ma tante m’a posé cette question :
« Quoi d’autre est possible ? »
Cette phrase me suit depuis.
Et si c’était le début d’un nouveau cycle?
Cet espace sera le lieu de récit de ma grande traversée.
Pas dans ces détails, mais dans ces pépites que j’ai découvertes : les petites choses, les prises de conscience.
Je parlerai de cycles, de vie, de transitions, et tout ce que cela m’a appris.
C’est le temps d’émerger.
Mes racines sont solides et profondes.
Je peux accueillir les prochaines tempêtes.
Personne ne pourra plus jamais me déraciner.